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 Mmoire d'un Marocain d'Algrie

         
SNP1975




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: 02/03/2007

: Mmoire d'un Marocain d'Algrie    02 2007, 02:45

Ne pas rire , ne pas dplorer , ne pas dtester , mais de comprendre. (spinoza)

Mmoire d'un Marocain d'Algrie


Rcit d'une dportation
Nous sommes le mois de dcembre 1975 et a concide avec la fte de l'Aid el Kbir. Un camarade de classe m'interpelle. Il m'informe que la police me demande . La famille est pour sa part dj dtenue. Je n'ai mme le temps de retourner en classe pour rcuprer mes cahiers.Mon cartable est en effet la maison. Je quitte le collge au vu au su de tous le monde pendant la rcration. Je me sens choqu et humili. Je monte dans le fourgon de la police. Un policier m'y dit :" vous partez au Maroc pour insulter le roi Hassan 2." Nous faisons partie de la dernire vague des expulss. J'arrive dans un commissariat rempli de personnes promises la dportation. La situation peut tre qualifi de dramatique. Les enfants pleurent . Il fait froid . Cette scne indigne qu'horrifie. Un jeune policier que je connais est prsent. J'entre au commissariat , car les gens sont ce point nombreux qu'ils dbordent les alentours dans une cohue indescriptible. Est ce telle enseigne que l'on finit les placer dans des garages. J 'entre cet endroit et donne un coup de coude ce policier de ma connaissance. Mon pre intervient pour me dfendre. Le policier rpond par une double agression : physique et verbale. Il fait un croche pied mon pre le qualifi de **. Mon frre an Hassan accoure et frappe le policier d'une faon rpte. Il lui assne coup de poing et coup de tte. Mon frre est ceintur ; isol et pass tabac. Il sort ensanglant. Non expulsable la dcision de lui faire suivre le mme sort que beaucoup de marocains est prise. Il est fouill. L'on trouve par devers lui un permis de conduire . Ce document algrien lui est retir ; dchir et jet en morceau sa face. Un voisin s'meut de ce drame et proteste en guise de rponse il a reu de la part d'un policier un coup de poing fatal en plein visage. telle point qu'il s'est retrouv avec des dents casses. Je reconnais que c'tait la seule personne qui avait protest. Au fait c'est un proche de la famille. suivre.

visitez mon blog : http://snp1975.bloginter.com/

mon email : kimou-75@hotmail.fr

Cette personne protestataire est un proche ma famille. En guise de rponse il reoit de la part d'un policier un coup de point en plein visage. Ce dernier s'est retrouv avec des dents casses. Nous sommes donc embarqus dans des mini-bus de couleur bleue de marque belge Van-Hool. Nous sommes achemins la frontire algro- marocaine. Nous y arrivons la nuit. Au poste frontire algrien il y a beaucoup de policiers. Il ya beaucoup de familles en pleurs. Je m'occupe pour ma part de ma soeur Bouchera qui n'a que six mois et est donc encore en langes. Je tente a m'extirper de cette cohorte sans fin pour rejoindre le poste frontire marocain. Un policier m'intercepte cependant et me refait entrer dans le rang. Il m'intime l'ordre d'y demeurer. La raison invoque est que la fouille concerne aussi Bouchera. Le bb qu'elle est alors est suppos porteur d'argent et de bijoux dissimuls dans les langes. En fait nous ne transportons aucun objet de valeur. Nous n'avons que quelques couvertures et quelques draps pour nous couvrir du froid que nous tranons dans de gros sacs en tissu. Cependant et en dpit du bon sens Bouchera est tout de mme dvtue de ses langes. Nous arrivons donc au poste frontire marocain. les gens y font de nouveau la queue pour les formalits administratives d'entre. Pour se rchauffer des feux sont allums spontanment par les dports. Le croissant rouge marocain distribue un peu de pain et de lait. Mon frre Hassan reprend l'attitude qu'il avait eu de l'autre ct de la frontire. Il proteste contre les conditions d'attente. Un policier intervient alors et le menace de le molester. J'ai peur et retiens mon frre par la main je lui fait entendre que nous avions dj notre part de violence subie. Il ne nous appartient pas de rcidiver. Le lendemain, nous arrivons Oujda.

Le lendemain nous sommes achemins Oujda . C'est une grande ville
distante de la frontire algrienne d'environ10 km . Nous sommes provisoirement accueillis dans la cour d'une cole primaire dans laquelle ont t montes un nombre important de tentes . La situation s'y prte . Il s'agit en effet d'une priode des vacances scolaire . J'ai alors l'occasion d'y rencontrer mes camarades de classe . j'y vois en effet Karim(1) . Ce dernier est originaire du quartier ngre (Grabat) de Ain Tmouchent . Nous jouons dans la mme quipe de football . La veille nous avions marqu un but contre l'quipe adverse du lyce Chiekh El Ibrahimi . J'y rencontre Mimoun . C'est un garon blond , originaire du Rif marocain dont sa famille possde une crmerie Ain Tmouchent . J'y vois galement deux frres : Abdelkader et Boumdine . Ils sont dports alors que leurs parents eux restent en Algrie . Il s'agit n'en pas douter d'un drame . Des familles sont en effet disloques par cette tragdie . Pour notre part nous ne restons pas l'cole d'Oujda . Nous sommes en effet propritaire d'un appartement Mohammedia distante de Casablanca d'environ 20km . Mon grand pre maternel y a lui mme sjourn en son temps . Cette demeure est acquise par Maman au cours des annes soixante dix . C'est pourquoi un accord a t vite trouv avec les autorits locales qui ne nous retiennent gure . Un titre de transport nous est fourni . Ds vingt et une heures nous partons bord d"un train en direction de Mohammedia . Ma mre refuse de prendre place en seconde classe . Elle choisit d'emble la premire classe . Un contrleur la tance . Devant ses protestation vhmentes de dports , ma mre parvient cependant imposer son choix au reprsentant des chemins de fer chrifiens . Arrivs Mohammedia , nous nous installons chez mon grand pre maternel . Mon pre trouve sur place un travail dans une grande usine du nom de Licoma . C'est un tablissement qui fabrique des (jeans) pour l'exportation . Mon frre an trouve un emploi dans une autre usine . Notre intgration est donc russie par rapport aux autre expulss . A titre d'exemple , nous avons besoin un moment donn de lait pour ma soeur Bouchera . Ce sont les collgues de mon pre qui , dans un geste de solidarit organisent une qute pour l'achat du lait . Cependant , notre niveau s'affaisse . nous tions habitus vivre dans l'aisance jusqu'alors . Nous connaissons pourtant ds lors les difficults d'une vie modeste . Ma mre ne veut pas vivre au Maroc . Le rgime du roi Hassan II s'investit beaucoup dans l'intgration des dports . Des personnes qui , en Algrie n'avaient jamais travaill , se voient offrir un emploi . Il n'est cependant nullement ais de rpondre aux attentes de quarante mille familles en mme temps . L'on s'efforce de loger le plus grand nombre de gens . L'on emploi un certain nombre de personnes jeunes de sexe mle dans la police auxiliaire . L'on distribue des bons d'alimentation . D'autres sont embauchs dans des usines . D'autres encore partent en Belgique et en Hollande . Ils bnficient des dispositions de l'ordonnance de 1944 qui donnent le droit la nationalit franaise aux marocains ns en Algrie franaise . Pour notre part , nous ne pensons pas cette possibilit . Je suis alors inscrit dans une classe de troisime . six mois plus tard je rejoins ma mre en Algrie . Maman n'a pas rsist au Maroc puisque elle avait des biens immobiliers a Ain Temouchent . Suite (2).

1-Je cite des prnoms parce que on avaient le nom SNP( sans nom patronymique).
2- La suite elle sera publi prochainement dans un livre qui s'intitule ( Mmoire d'un Maroqui d' Algrie
    
 
Mmoire d'un Marocain d'Algrie
          
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» Mmoire de fin d'tudes

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